Mon avis :
Régis JAUFFRET tient sa promesse et revient encore une fois avec l’historisation d’un des faits divers les plus horribles de ces dernières années : La séquestration d’une autrichienne de 42 ans qui a été privée de liberté pendant la moitié de sa vie, violée, torturée, le tout perpétré par son paternel qui vivait au-dessus de cette cave de l’horreur.
De cet horrible inceste, il naquit 7 enfants, l’un décéda eu après la naissance pendant que d’autres furent élevés dans la prison de la jeune femme pendant que le restant (3 des 7) vécurent avec le reste de la famille sans rien savoir de l’horreur.
C’est donc à partir du matériel de cette histoire que Régis JAUFFRET a fait naitre son nouveau roman en appliquant sa recette fétiche : faire une fiction qui va tutoyer fortement le réel. Le but étant de produire une œuvre percutante et proche du récit-témoignage.
Le résultat est édifiant, on vit ce roman autant qu’on le lit de façon passive. On est percuté très souvent et à chaque instant on se demande quid du vrai, quid de la romance. On voit défiler sous nos yeux et dans nos têtes, le calvaire immense de cette jeune demoiselle. On se demande aussi comment il a été possible que cela se fasse. La technique littéraire employée par l’auteur rendant effectivement très efficace le déroulé de ce récit.
Ce mélange qui raconte le déroulement des faits qui se mixe à une romance sur la vie de nos héros, est juste d’une efficacité prodigieuse. Tout se combine dans la plus parfaite logique.
Un livre qui pose de questions autant qu’il apporte de réponses.
La justice a rendu son verdict via une analyse des faits et un jugement.
Et pourtant !!! Pourtant tout n’est pas si clair.
Quid de l’ignorance des faits par le reste de la famille ?
Quid de la torture vis-à-vis des enfants ?
Quid de la séquestration sur un temps si long ?
Des réponses et aussi des questions. Et c’est là où brille la plume grandiloquente de notre écrivain, il analyse les rapports d’une façon magistrale. Il rend compte des faits à l’aune de la propre histoire du bourreau d’une façon brillante et quasi encyclopédique. Il rapproche ces faits au sens d’une histoire commune. Jauffret s’enfonce dans les méandres de cette histoire d’une noirceur totale pour nous montrer jusqu’où va les tréfonds.
Un roman sublime, le résultat d’une expérience hors norme que nous livre ici dans un roman brillant probablement son meilleur.
L’éditeur :
Platon, le mythe de la caverne. Des prisonniers qui ne verront jamais de la réalité que des ombres d’humains projetées sur la paroi de la grotte où ils sont enchaînés. Dans le souterrain les enfants n’ont vu de l’extérieur que les images tombées du ciel qui leur parvenaient par le câble de l’antenne.
Le mythe a traversé vingt-quatre siècles avant de s’incarner dans cette petite ville d’Autriche avec la complicité d’un ingénieur en béton et celle involontaire de l’Écossais John Baird qui inventa le premier téléviseur en 1926.




















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