CLAUSTRIA de Régis JAUFFRET  (Littérature) posté le vendredi 27 janvier 2012 22:46

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Mon avis :

Régis JAUFFRET tient sa promesse et revient encore une fois avec l’historisation d’un des faits divers les plus horribles de ces dernières années : La séquestration d’une autrichienne de 42 ans qui a été privée de liberté pendant la moitié de sa vie, violée, torturée, le tout perpétré par son paternel qui vivait au-dessus de cette cave de l’horreur.

De cet horrible inceste, il naquit 7  enfants, l’un décéda eu après la naissance pendant que d’autres furent élevés dans la prison de la jeune femme pendant que le restant (3 des 7) vécurent avec le reste de la famille sans rien savoir de l’horreur.

C’est donc à partir du matériel de cette histoire que Régis JAUFFRET a fait naitre son nouveau roman en appliquant sa recette fétiche : faire une fiction qui va tutoyer fortement le réel. Le but étant de produire une œuvre percutante et proche du récit-témoignage.

Le résultat est édifiant, on vit ce roman autant qu’on le lit de façon passive. On est percuté très souvent et à chaque instant on se demande quid du vrai, quid de la romance. On voit défiler sous nos yeux et dans nos têtes, le calvaire immense de cette jeune demoiselle. On se demande aussi comment il a été possible que cela se fasse. La technique littéraire employée par l’auteur rendant effectivement très efficace le déroulé de ce récit.

Ce mélange qui raconte le déroulement des faits qui se mixe à une romance sur la vie de nos héros, est juste d’une efficacité prodigieuse. Tout se combine dans la plus parfaite logique.

Un livre qui pose de questions autant qu’il apporte de réponses.

La justice a rendu son verdict via une analyse des faits et un jugement.

Et pourtant !!! Pourtant tout n’est pas si clair.

Quid de l’ignorance des faits par le reste de la famille ?

Quid de la torture vis-à-vis des enfants ?

Quid de la séquestration sur un temps si long ?

 

Des réponses et aussi des questions. Et c’est là où brille la plume grandiloquente de notre écrivain, il analyse les rapports d’une façon magistrale. Il rend compte des faits à l’aune de la propre histoire du bourreau d’une façon brillante et quasi encyclopédique. Il rapproche ces faits au sens d’une histoire commune. Jauffret s’enfonce dans les méandres de cette histoire d’une noirceur totale pour nous montrer jusqu’où va les tréfonds.

Un roman sublime, le résultat d’une expérience hors norme que nous livre ici dans un roman brillant probablement son meilleur.

 

L’éditeur :

Platon, le mythe de la caverne. Des prisonniers qui ne verront jamais de la réalité que des ombres d’humains projetées sur la paroi de la grotte où ils sont enchaînés. Dans le souterrain les enfants n’ont vu de l’extérieur que les images tombées du ciel qui leur parvenaient par le câble de l’antenne.

Le mythe a traversé vingt-quatre siècles avant de s’incarner dans cette petite ville d’Autriche avec la complicité d’un ingénieur en béton et celle involontaire de l’Écossais John Baird qui inventa le premier téléviseur en 1926.

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Mâitre Philippe de Lyon : le chien du Berger  (Le Portrait) posté le vendredi 27 janvier 2012 16:07

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Ce personnage est évidemment peu connu pour la plupart d’entre vous et c’est bien dommage.

A Lyon, de 1863 à 1905, Nizier Anthelme Philippe, surnommé Maître Philippe, procède à des guérisons miraculeuses par la prière tant sur les puissants que sur les pauvres. Durant une vingtaine d’années, il reçoit gratuitement plus d’une centaines de personnes chaque jour. Des assistants transcrivent les paroles et événements surnaturels dont ils sont témoins.

C’est tout cela, que ce film documentaire,  retrace respectueusement les actes et la vie de l’un des plus grands « hommes de Dieu » que l’Occident ait connu.

Alors peut être que cette intrusion dans une certaine étrangeté va prêter à sourire mais j’assume totalement et je vous conseille de vous élever spirituellement en en faisant de même.  {#}

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Superparfumeur joue au vilain garçon  (Articles Guests) posté le vendredi 27 janvier 2012 15:00

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2004. Comme des Garçons Synthetic offre des notes de kérosène, et de dissolvant.

2012. Comme des Garçons Eau de Parfum propose des notes de ruban adhésif, et de colle industrielle.

Passons sur le fait que ces parfums soient [après un départ risible] de simples odeurs lessivielles, le surplace créatif est flagrant. Comme des Garçons rejoint L'Artisan Parfumeur, Creed et Dyptique dans un secteur de niche sclérosé, tétanisé par la rentabilité, dans l'impossibilité d'avancer.

Une pseudo-parfumerie d'auteur qui recycle ses combines, comme la parfumerie de masse.

☆ ☆ ☆ ☆

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Cinéma : Et si on vivait tous ensemble ?  (Cinéma) posté le vendredi 27 janvier 2012 13:49

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Synopsis :

Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le cœur s’emballe et que le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble.
Le projet paraît fou mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté... à 75 ans !

 

Si l’on considère, que dans ce genre de film, que l’ingrédient principal qui fait la réussite de l’œuvre, ce sont les acteurs plutôt que le scénario, alors là on peut dire que le film est une réussite.

Regarder cette bande d’amis aussi bien incarnée est une chose très rafraichissante. On s’émeut même de les voir gambader de situation en situation.  L’alternance de la drôlerie et de la dramaturgie.

Les sujets qui sont abordés sont assez tabous dans l’ensemble. Il est rare de trouver beaucoup de films  sur la sexualité du 3eme âge, la vieillesse, la dépendance, l’oubli.

Ici tout est abordé avec une délicatesse extrême, la subtilité qu’il y a de  raconter comme ca ces petits moments de bonheurs et de malheurs est juste une chose de merveilleuse.

Donc pour cet ensemble là on y va surtout pour cette bande d’acteurs.

Par contre si on aime les scénarios un minimum solides, l’amour va être plus dur à donner.

Le pathos est effectivement très voyant, l’humour ne va pas chercher à tutoyer les sphères les plus hautes, le liant ne tient pas toujours la route entre tous ces éléments et le rythme s’égare un peu trop souvent.

On ne passionne guère même si on s’émerveille.

Oui pour les comédiens, non pour le scénario. Rien de plus à dire.

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Le métro est un sport collectif de BERTRAND GUILLOT  (Littérature) posté le vendredi 27 janvier 2012 11:15

Blog de carlitablog :Tendance et Rêverie, Le métro est un sport collectif de BERTRAND GUILLOT

 

Mon avis

Y a des livres qui s’achète vite et qui se lisent aussi à la même vitesse.  Le recueil qui nous concerne aujourd’hui est de cette veine là. Pour son troisième bébé officiel, l’ami Bertrand GUILLOT nous offre encore un genre différent.

Après le roman, le récit d’une expérience sociétale, voici la brève dans le métro.

Comme je suis toujours honnête, on va dire que cet objet est celui qui je préfère le moins.

Non pas qu’il soit raté, loin de là même mais bon Gourio a été et est encore mon maître dans les brèves que cette livraison me parait fade à côté. Alors oui ce n’est pas sympa de ma part, comment oser la comparaison d’un roi face à un type qui ne serait que prince ? Oui mais voilà, il faut bien un maître étalon et ceci quelque soit le domaine.

Néanmoins je vous encourage à vous procurer  cet ouvrage et à le lire car on y rigole, on y réfléchit, on y vit, on s’émeut et la palette des sentiments éprouvés et encore plus large.

On adore se perdre et gambader à travers le métro, on lit et on visionne dés l’instant les scènes qui se déroulent.  Preuve certaine de la qualité de la plume. Les histoires sont assez originales, même si un soupçon d’invention ou de romance règne dans l’atmosphère.

D’un point de vue technique, l’objet est agréable, une couverture sympa, un papier de qualité et une jolie présentation.

Un livre à lire d’une traite ou par petits bouts, à raconter aussi car c’est l’intérêt de ce genre de production : le partage.

Merci donc à Bertrand pour  cette offrande agréable.  Et puis bon pour 12e on en a largement pour son argent.

Et comme l’ami Bertrand est un type sympa il va bien nous offrir une petite interview nous racontant la genèse de ce livre.

 

 

L'éditeur

Le métro, sa grisaille, ses retards, sa déprime… Les clichés ont la peau dure. Mais il est parfois possible de leur tanner le cuir et de voir au travers. Pour Bertrand Guillot, le métro est avant tout une scène sur laquelle nous défilons tous à tour de rôle (et le prix de la place défie toute concurrence). La comédie n’est pas exclue, la romance non plus, le drame pointe parfois… Bref, aujourd’hui, le romanesque est dans le métro, bien plus que dans les séries ou la télé-réalité.

C’est aussi l’un des derniers lieux du « lien social », où les frontières et les séparations si solides en surface s’évanouissent subitement sur les quais. Tout est permis. Dans le métro, il n’y a plus de première classe depuis longtemps. Dans la vie « à l’air libre », c’est un peu différent… Paradoxalement, on étouffe là-haut. 

 

Le métro est un sport collectif est le fruit d’une année d’observation, de reportage, de chroniques. Bertrand Guillot traduit, avec justesse et humour, l’ambiance des stations. Son sens du portrait – particulièrement du portrait féminin –, sa science du détail juste font merveille dans ce recueil où la délicatesse du trait n’atténue en rien le réalisme des personnages et des situations.

 

 

Extrait Le métro est un sport collectif

 

Deux cons

Ligne 4, Gare du Nord, 14 h 35.

Les portes de la rame se sont refermées, le train ne repart pas.

Crachotement dans le haut-parleur, la voix du conducteur depuis sa cabine.

- Eh, vous arrêtez de bloquer les portes, là, dans la rame du fond ? Vous n’avez pas acheté le train !

J’ai connu plus fin.

L’arrêt se prolonge.

- Bon l’abruti, tu la lâches, cette porte ?

Maintenant c’est sûr, l’abruti ne risque pas de lâcher l’affaire. Question d’honneur. J'ai appris ça en psycho au CE1, mais les programmes ont peut-être changé dans la cour d'école.

Entre temps des voyageurs nouveaux sont arrivés en courant sur le quai, ils ont rouvert les portes de la rame. Une minute de stationnement Gare du Nord, ça en fait, du monde.

- Moi je m’en fous, hein, dit le con devant dans son micro. J’ai tout mon temps.

Le con derrière aussi, sans doute.

La rame commence à être pleine, des voyageurs passent la tête à travers la porte pour voir ce qui se passe.

- Rentre dans ta banlieue ! crie vers l’arrière une femme noire qui a vu.

Je reste assis tranquillement, je lis La mauvaise habitude d’être soi, de Martin Page, rien ne peut m’énerver.

J’imagine le chauffeur à la cantine de la RATP, taillant une bavette avec le contrôleur matricule 29285 et trinquant aux secondes perdues en station. Ils doivent bien s'entendre, ces deux-là.

Si les cons volaient, finalement, il y en aurait moins dans le métro. Ce serait dommage.

 

 

Devenir

À l’avant du dernier wagon de ce métro à l’ancienne, ligne 11, la porte-hublot est encadrée par les vitrines inamovibles de Telemarket (« Rentrez directement chez vous ») et Wall Street English (« My taylor is rich »). Sur les deux espaces du dessus, les voyageurs ont parfois droit à quelques lignes de poésie, entre oulipo et haiku. Mais ce soir foin de littérature, l’heure est au réalisme : Price Minister a colonisé le haut de l’affiche, avec son slogan devenu classique : "Devenez radin". Un faux second degré masquant un bon vieux premier degré décomplexé : une provocation ultime pour les militants antipub.

Il y en avait un, d’ailleurs. Plus souriant que l’autre fois. Vandale génial, plus poète que tous les rimailleurs du métro réunis, il n’a pas travaillé au marqueur. Il s’est contenté de découper soigneusement les deux affiches.

Et voilà qu’au-dessus de la tête des voyageurs se proclame maintenant en double ce mot unique :

 

DEVENEZ.

 

Voilà qui fait un beau slogan.

Je devrais peut-être m'y mettre.

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