Synopsis : The Ghost, un " écrivain - nègre " à succès est engagé pour terminer les mémoires de l'ancien Premier ministre britannique, Adam Lang. Mais dès le début de cette collaboration, le projet semble périlleux : une ombre plane sur le décès accidentel du précédent rédacteur, ancien bras droit de Lang...
On va faire abstraction de Polanski pédophile ou non pour ne juger que son travail, c'est-à-dire le film qui nous concerne. Et il faut bien le dire, on a le droit à un chef d’œuvre. Et dire qu’il s’en est fallu de peu pour que notre réalisateur ne puisse achever son film. En effet, lorsqu’il a été interpellé dans la fameuse affaire de viol sur mineur, Polanski et son équipe était en pleine face de montage.
Il aurait transmis ses consignes via son avocat depuis sa prison suisse.
Désormais assigné à résidence dans son chalet, il a été le grand absent du festival du film de Berlin où le film a été récompensé d’un ours d’argent.
Tiré du roman « L’Homme de l’ombre » de Robert Harris, coscénariste de The Ghost Writer c'est-à-dire le nègre, bref la personne mandaté pour écrire à la place de l’auteur présent sur la couverture.
Ewan McGregor était parfait dans ce rôle là. Surtout qu’il a face à lui, un ex-premier ministre britannique, incarné lui aussi par un non moins sublime Pierce Brosnan.
Le face-à-face est épique. Quand à peine débarqué aux Etats-Unis, où le ministre et son équipe se terrent sur une île perdue balayée par les vents du New Jersey, le nègre découvre que son prédécesseur y est mort noyé dans des circonstances troublantes. Et à peine fait-il connaissance avec son sujet, qu’un scandale éclate. Ce dernier étant accusé d’avoir livré des prisonniers de guerre de la CIA, avant qu’ils ne meurent en détention victimes des méthodes d’interrogatoire musclées des services secrets américains. La tension monte dans la tour d’ivoire du ministre qui fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt international.
Comme à son habitude, le réalisateur transgresse à peine les codes du genre auquel il s’attaque.
Ici, l’ambiance du thriller est respectée, malgré certains éléments perturbateurs. La photo, hyper léchée, est signée Pawel Edelman, déjà à l’œuvre sur le Pianiste. Les personnages secondaires se révèlent extrêmement justes et pas si secondaires que cela ! C’est élégant et sublime.
Un jeu subtil des acteurs au service d’une mécanique impeccable. Une mise en scène douce et parfaite.
Olivia Williams en femme du sénateur, tantôt épouse délaissée, tantôt intrigante et sûre d’elle.
Une partition parfaite. A noter également la présence de Kim Catral (Sam de Sex and the City), qui campe une sublime secrétaire particulière du ministre, véritable pendant de Mme Lang.
Au final Polanski livre avec maestria un thriller efficace, tendu et captivant. Une sorte de pied de nez à l’actualité. Poursuivi par la justice de son pays, la Grande-Bretagne, et par la justice pénale internationale. Adam Lang trouve refuge… aux Etats-Unis, ici présentés comme la dernière zone de non-droit. Alors que la justice américaine réclame l’extradition du réalisateur depuis près de trente ans. L’ironie douloureuse de l’effet miroir probablement.
Mais à part ça un chef d’œuvre. Et le meilleur film de sa carrière. Et le meilleur film de ce début d’année. Une obligation même si la fin est un peu hâtée il me semble.
















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